CHENILLES PROCESSIONNAIRES DU CHÊNE ET DU PIN

La présence de chenilles processionnaires à proximité des habitations peut générer des inquiétudes chez les riverains. Voici quelques éléments concernant les risques sanitaires et la prévention, les mesures de lutte et le cadre réglementaire.
1- Risques sanitaires et prévention
L'agence régionale de santé émet des recommandations visant à éviter les nuisances liées à ces chenilles. Il s'agit :
• d'éviter la fréquentation des zones à proximité des pins infestés, de porter des vêtements couvrants si l'on se rend malgré tout dans ces zones.
• de ne pas manipuler les chenilles et les nids.
• de ne jamais balayer une procession de chenilles afin d'éviter de créer un nuage de poils urticants qui pourrait provoquer une atteinte cutanée, oculaire et respiratoire.
• d'éviter de se frotter les yeux en cas d'exposition.
• de ne pas faire sécher le linge à l'extérieur près des pins par grand vent.
• de laver les fruits et les légumes de mon jardin.
• de prendre toutes les mesures de précaution pour éviter le contact avec les poils urticants déposés en particulier sur les pelouses, d'éviter de tondre les pelouses sous les arbres infestés.
En cas de contact, les poils urticants se fixant sur les cheveux et les vêtements, il est recommandé de :
• prendre une douche tiède avec lavage soigneux des cheveux au shampoing,
• changer de vêtements et laver les vêtements contaminés au-dessus de 60°C.
Plus précisément, dans le cas où un enfant en bas âge aurait porté une chenille à la bouche, il est important de consulter immédiatement le service des urgences.
2- Mesures de lutte
Les mesures de lutte sont évaluées en fonction de deux classes de risques, selon une méthodologie
établie par l'ANSES :
Un cas de « tolérance zéro », où les contraintes locales exigent l'éradication des populations de processionnaires (cours d'écoles, arbres classés ou remarquables, parcs très fréquentés, espaces piétons touristiques, etc.),
• Un cas où la présence de faibles niveaux de populations de chenilles peut être acceptée et comprise par les riverains (bords de routes, grands parcs urbains etc.).
• Pour les situations de « tolérance zéro »
Dans les situations où les arbres sont déjà en place, il convient de mettre d'abord en oeuvre des mesures de détection de la présence de processionnaires du pin à l'aide de pièges à phéromone (substance chimique comparable aux hormones, attirant les insectes) en été.
En cas de détection de mâles dans les pièges, deux méthodes de lutte curative peuvent être combinées.
Si les arbres sont peu nombreux, faciles d'accès et de faible hauteur, la lutte mécanique par destruction
des nids et des applications d'insecticide à partir du sol est préconisée dans le cadre de la règlementation phytosanitaire.
Dans tous les cas, des pièges à chenilles (collier autour des troncs) peuvent être mis en place avant l'hiver (saison des processions, où les chenilles descendent des pins pour s'enfouir au sol) pour éviter le risque d'urtication par les chenilles au sol.
Pour les situations de réduction des niveaux de population :
• L'ANSES considère que des mesures de surveillance des niveaux de population de la processionnaire du pin par la pose de pièges à phéromone en été et des comptages de nids en hiver sont à mettre en oeuvre.
• L'ANSES indique que les méthodes préventives sont à privilégier, mais leur efficacité est toutefois limitée :
Couvrir d'une végétation dense (arbustes) le sous-bois et les bordures des plantations de pins.
Proscrire les plantations pures de pins : concevoir des parcs ou allées composées de mélanges de conifères et de feuillus, notamment à croissance rapide comme les bouleaux ou les saules, qui ont des vertus répulsives vis-à-vis des papillons de processionnaires du pin, et permettent d'héberger une faune sauvage plus diverse, et donc plus efficace pour la lutte.
Poser des nichoirs pour les oiseaux insectivores (huppes, mésanges) et des abris pour les chauves-souris renforce la pression de lutte biologique.
Enfin, les mesures de lutte curatives à envisager dans ce contexte devraient pouvoir être reconduites chaque année pour assurer un effet à long terme :
• Destruction mécanique des nids.
• Piégeage de masse.
• Confusion sexuelle ou répulsion des papillons de processionnaires dans le cas d'arbres ou deparcs bien isolés (traitement aux phéromones).
• Traitements insecticides à partir du sol dans les zones où les niveaux d'infestation sont élevés.Tout traitement doit être réalisé en cohérence avec le cycle de développement de la chenille.
3- Cadre réglementaire
La lutte contre les chenilles ne fait pas l'objet d'une réglementation nationale de lutte obligatoire.Localement, la lutte contre l'insecte peut être imposée par arrêté préfectoral ou municipal. Certaines villes appliquent un arrêté municipal obligeant chaque année, avant la fin de la première quinzaine du mois de mars, les propriétaires ou les locataires à supprimer mécaniquement les cocons élaborés par les chenilles processionnaires du pin et à les incinérer ainsi qu'à un traitement annuel préventif à la formation de ces cocons avant la fin du mois de septembre sur les végétaux susceptibles d'être colonisés par les chenilles.
Par ailleurs, le Décret n°87-712 du 26 août 1987 pris en application de l'article 7 de la loin° 86-1290 du 23 décembre 1986 tendant à favoriser l'investissement locatif, l'accession à la propriété de logements sociaux et le développement de l'offre foncière et relatif aux réparations locatives, précise que l'échenillage est à la charge du locataire (Article Annexe, 1.a).